L’assemblée générale de l’Office Public de la Langue Basque s’était réunie le 8 avril dernier pour voter son budget. Les membres d’Euskal Konfederazioa avaient pénétré la salle de réunion pour demander aux représentant.es institutionnels présent.es de ne pas le voter, celui-ci ne prévoyant aucune augmentation (budget identique depuis 2017), alors qu’Euskal Konfederazioa demandait au minimum le doublement des subventions attribuées aux opérateurs linguistiques.
Le budget avait néanmoins été adopté, mais à la sortie de la réunion la présidente de l’OPLB avouait que la concertation inter-institutionnelle avait été “un échec collectif”, ces institutions n’ayant pas réussi à se mettre d’accord quant à leur participation respective à la contribution socle de l’OPLB (chaque institution contribuant pour un quart du budget).
Par ailleurs, elle avait souligné qu’il fallait “faire plus d’efforts” et que “sans moyens supplémentaires il ne serait pas possible d’aller plus loin dans la politique linguistique”, avant de rajouter qu’une nouvelle concertation de 6 mois serait mise en place “afin que chacun fasse une contribution complémentaire”.
Hier, jeudi 17 octobre, l’assemblée générale s’est à nouveau réunie et nous avons pu constater que cette concertation n’avait pas abouti, l’État, la Nouvelle-Aquitaine, le Département et la Communauté d’Agglomération Pays Basque n’ayant pas réussi à se mettre d’accord. Hier, les partenaires institutionnels ont décidé de prolonger l’outil EEP pour une seule année supplémentaire, le temps notamment de poursuivre cette concertation.
Euskal Konfederazioa souhaite reste optimiste mais cette concertation amènera-t-elle un résultat positif alors que le statut-quo demeure depuis plus d’un an (début de la concertation inter-institutionnelle en octobre 2023) ?
Avec des moyens actuels dérisoires l’objectif d’un taux de locuteurices de 30% à l’horizon 2050 (soit 40.000 bascophones supplémentaires, seuil minimum pour garantir la survie de la langue basque, chiffre présenté par l’OPLB dans son travail “perspectives sociolinguistiques” en juin dernier) ne pourra être atteint.
Et en attendant, les acteurs associatifs qui oeuvrent à la formation de bascophones et au développement de la pratique de l’euskara au quotidien dans l’optique de l’objectif visé ci-dessus continueront d’évoluer dans la précarité.
Euskal Konfederazioa restera vigilante et continuera son travail de veille jusqu’à ce qu’une politique linguistique digne de ce nom soit mise en place.
Baiona, le 17 octobre 2024
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