Euskal Konfederazioa a appris par voie de presse qu’un cercueil portant la mention « Euskara ?-2040 » et sur lequel était posé un pot de fleurs avait été déposé devant la mairie de Briscous dimanche dernier.
Ce n’est pas la première fois que la symbolique du cercueil est utilisée. A l’instar des agriculteur.rices il y a peu, ou, comme le font fréquemment des syndicats, cette image du cercueil permet de mettre en exergue les conséquences néfastes, dans différents secteurs, des politiques publiques mises en place par l’État français et/ou les institutions locales. Pour ce qui est de la politique linguistique, l’action de dimanche dernier chercherait à alerter sur les politiques linguicides conduisant irrémédiablement la langue basque à sa mort.
Mais loin d’apaiser les esprits, le Préfet des Pyrénées-Atlantiques Julien Charles a adressé un communiqué largement diffusé à la presse hexagonale, dans lequel il évoque une volonté d’intimider les élu.es. Ces propos sont inadmissibles.
Cela fait maintenant des mois que l’ikastola de Briscous, Seaska, le mouvement associatif et, plus globalement, la société civile demandent aux pouvoirs publics de s’impliquer dans la résolution de ce différend opposant la mairie de Briscous à l’ikastola. L’État, au lieu défendre l’établissement scolaire sous contrat avec l’État, sans défendre le droit à la scolarité des enfants qui risquent, sans aucune raison, de se retrouver sans école dans trois mois, a décidé de s’aligner sur la position de la mairie de Briscous. Il a décidé d’entretenir la confusion discréditant l’ikastola, et en établissant des amalgames inacceptables.
Non Monsieur le Préfet, au Pays Basque ce ne sont pas les élu.es qui sont en danger mais bel et bien la langue basque, l’ikastola, les parents et les familles !
Par ce communiqué Euskal Konfederazioa apporte son total soutien aux familles de l’ikastola de Briscous ayant fait le choix d’une scolarité en langue basque pour leurs enfants.
Par ce biais nous lançons un appel à l’État, aux mairies et aux institutions locales et à l’Office Public de la Langue Basque afin qu’ils prennent dès à présent les mesures qui permettront à la langue basque de se développer, et qu’une politique ambitieuse de pleine revitalisation de la langue basque soit mise en place.
Baiona, le 13 mars 2024
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